Mère au foyer, les difficultés de votre nouveau job

Mère au foyer, les difficultés de votre nouveau job
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Mère au foyer, un travail à part entière

Qu’il s’agisse de souhaiter profiter des premières années de la vie de son petit, de difficultés financières (voir passer son salaire entier dans des frais de garde n’est pas un calcul réjouissant), de manque de solutions de garde ou tout simplement d’une évidence ressentie, nombreuses sont les mères pour qui se pose la question d’un arrêt, temporaire ou définitif, de leur carrière pour endosser le rôle de mère au foyer (bien que les pères commencent à être de plus en plus nombreux à également faire ce choix, il reste qu’au sein d’un foyer, c’est majoritairement la maman qui met sa carrière entre parenthèses).

Mère au foyer : les difficultés de votre nouveau job

La mère au foyer n’est pas reconnue dans notre société et pourtant, le travail fourni pour élever des enfants et en faire des adultes sains, bien dans leur tête, épanouis, est sans doute à la fois le plus difficile et le plus important au monde. Alors, si cette envie vous taraude, ne le faites que parce que vous le souhaitez. Et soyez préparée aux difficultés qui vous attendent et plus particulièrement au manque de reconnaissance de votre nouveau statut.

Personne ne viendra vous féliciter pour la gestion parfaite du dossier poussée dentaire. Ce dossier pourtant délicat, qui vous fera passer quelques journées cauchemardesques et des nuits blanches et que aurez su maîtriser d’une main de maître (soulager, réconforter, être disponible 24/24, tester les produits pour dénicher les solutions adéquates etc.), ne fera l’admiration de personne.

En revanche, si le dossier «repas du soir» prend du retard et menace de ne pas être bouclé pour la deadline imposée, attendez-vous à quelques réflexions…

Personne ne dira cette petite phrase pourtant fréquente pour qualifier les compétences de la nounou : «Elle fait un boulot incroyable sur l’éveil de notre bébé», non. Si ces compétences sont admirées et reconnues pour les professionnels de la petite enfance, pour le parent, c’est entendu comme étant juste «normal». En revanche, on ne manquera pas de remettre vos «compétences» en cause si bébé prend du retard, est capricieux ou grincheux, ou si l’intendance de la maisonnée a du plomb dans l’aile.

Pas de stagiaire pour vous décharger durant les périodes surchargées. Personne ne vous filera de coup de main, ne se proposera spontanément pour vous soulager quelques heures, les piles s’accumulent ? C’est sans doute que vous êtes mal organisée…

Si votre journée a été rude, que votre tout-petit-client a été particulièrement exigeant, vous laissant rincée, claquée voire un peu déprimée, personne ne vous proposera de vous faire couler un bain, de vous offrir un petit massage ou de prendre en charge la préparation du dîner pour que vous vous détendiez.

Pas de vacances, pas de week-ends, pas de pauses bla-bla devant la machine à café. Ce nouveau job est un 100%, 7j/7j, 24h/24, et la fatigue de la mère au foyer n’étant pas considérée comme possible, les chances pour que l’on vous propose de récupérer à l’aide d’une grasse matinée sont infimes.

Et pourtant, le site américain Salary a fait le compte des tâches effectuées par une mère au foyer sur une semaine (94h en moyenne), puis, en se basant sur les taux horaires en cours pour les mêmes tâches effectuées par des professionnels, il a calculé la rémunération à laquelle elle pourrait prétendre : un salaire annuel de 83 000 euros… Sans forcément souhaiter qu’une rémunération soit mise en place pour les femmes (et les quelques hommes) qui font ce choix, une prise en compte de la masse de travail que cela implique et en finir avec la dévalorisation de ces femmes (et ces hommes) permettraient sans doute d’éviter quelques burn-out…

 


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7 Commentaires

  1. Cécile
    27 avril 2014 à 10 h 58 min Répondre

    C’est clair qu’il n’y a pas de reconnaissance. Ce qui m’horripile le plus perso ce sont les « tu ne travailles pas » (comme dans « houlà il ne fait toujours pas ses nuits à 18 mois, heureusement que tu ne travailles pas ! »… c’est sûr la journée je ne fais rien, n’ai pas besoin d’avoir mon attention constamment en éveil, prend mes pauses quand je veux, etc. ;))

    Mais ça je le savais et je m’en fous un peu à vrai dire, je sais le travail que j’effectue et la valeur qu’il a.
    Par contre, ce qui m’a semblé très dur en restant à la maison avec les enfants c’est l’isolement. Ca, je pense qu’il faut se préparer quand on va faire ce choix : chercher les lieux où sortir avec bébé et rencontrer des adultes (et pas que le parc parce qu’honnêtement avec un tout petit c’est pas possible et puis c’est pas l’endroit le plus simple pour lier connaissance je trouve).
    Mais par exemple les associations autour de la parentalité, les lieux d’accueil enfant-parents (LAEP), les activités type éveil musical, bébégym (pour les bambins), les structures type médiathèques, ludothèques, café poussette.
    Des forums ou liste de discussion en ligne peuvent être utile mais c’est pas pareil (et les enfants nous dérangent plus quand on est tranquille devant le pc que quand on papote entre adultes au milieu de jouets et d’autres enfants).
    Et puis garder ou entreprendre une activité pour soi, le soir quand (si) le papa est là ou en journée si on peut faire garder son petit une fois /semaine.

    Perso, je m’étais fait un semainier avec tous les trucs ouverts à côté de chez moi pour pouvoir y filer rapidement quand ça devient trop lourd à la maison ! On sort tous les jours avec les loulous.

  2. Christophe
    27 avril 2014 à 11 h 51 min Répondre

    Cécile merci pour votre témoignage ! L’isolement est justement l’objet de notre prochain article.

  3. Fred / Une souris bleue
    27 avril 2014 à 14 h 44 min Répondre

    83000 euros ! Ah ben je suis contente de rempiler pour une 2eme fois quand bb3 viendra au monde 😉 sans rire c’est vrai qu’il y a quand même un décalage énorme entre la reconnaissance que l’on peut avoir et les tâches effectuées !!!

  4. Cécile
    27 avril 2014 à 18 h 45 min Répondre

    Super ! Si vous voulez un témoignage, vous avez mon mail 😉

  5. bebestore
    30 avril 2014 à 20 h 11 min Répondre

    C’ est triste mais c’ est la réalité. Les hommes ne savent pas reconnaître les efforts de la mère au foyer à faire des tâches multiples: de la plus insignifiante au plus dure.

  6. Audrey privatebebe
    1 mai 2014 à 14 h 38 min Répondre

    Il n’y a pas que les hommes, les femmes également… Nombre de mères au foyer se sentent mises de côté par d’autres femmes qui, travaillant à l’extérieur, sourient avec une certaine condescendance lorsqu’elles en viennent à la question « Et toi ? Tu fais quoi dans la vie ? »

  7. Une vidéo pour rendre hommage à toutes les mamans
    11 février 2015 à 16 h 51 min Répondre

    […] jamais, parce qu’il faut de la patience, de la bienveillance et de l’amour, parce que c’est un job à part entière sans RTT ni vacances, le cinéaste Matt Bieler a réalisé un très court film, […]

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